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Le recyclage au Japon

Au Japon, le défi du recyclage

A l’occasion de la journée mondiale du recyclage, le 18 mars prochain, nous vous proposons de découvrir comment cela se passe dans trois pays différents. Aujourd’hui, gros plan sur le Japon.

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Avec 126 millions d’habitants, le Japon produit chaque année près de 43 millions de tonnes de déchets. Malgré une législation très stricte et d’importants progrès réalisés ces dernières années, le recyclage reste un véritable enjeu pour les autorités notamment en raison d’une société hyper-consommatrice.

L’un des défis des politiques de recyclage au Japon reste le comportement des citoyens. Pour tenter de changer les choses, les autorités n’hésitent pas à recourir, parfois, à des initiatives pour le moins originales pour sensibiliser la population.

UN BAR ÉPHÉMÈRE DANS UNE DÉCHETTERIE

C’est la dernière trouvaille des autorités Tokyoïtes pour sensibiliser les habitants à la quantité de déchets qu’ils produisent. Au « Gomi Pit », dont le nom veut littéralement dire « fosse à ordures », la seule chose qui sépare les clients, en train de siroter leurs cocktails, et une montagne de détritus est une baie vitrée géante.
Devenu une attraction, le centre de recyclage a déjà attiré plus de 23 000 personnes venues découvrir les différentes installations qui s’étendent sur près de 9 000 m² et s’informer sur le fonctionnement de ce genre d’usines.
La construction du site a coûté 80 millions d’euros. Et il faudra le même budget pour en assurer le fonctionnement sur les vingt prochaines années.

« L’UN DES DÉFIS DES POLITIQUES DE RECYCLAGE AU JAPON RESTE LE COMPORTEMENT DES CITOYENS. »

Devant le succès du Gomi Pit et les réactions positives des visiteurs, les autorités japonaises envisagent d’étendre l’expérience aux 115 autres centres de recyclage que compte le pays.

Sur le papier, le nombre de déchets produits au Japon est en baisse constante depuis le début des années 2000, mais la tendance semble stagner sur les six dernières années.
Les 43 millions de tonnes traités chaque année sont constitués à 70 % de déchets ménagers et à 30% de déchets d’entreprises.

Ces derniers sont principalement générés par les secteurs suivants:
– Les manufactures (sidérurgie, papier…)
– La production d’énergie (électricité, gaz)
– L’agriculture
– Le bâtiment

LE PLASTIQUE, PRINCIPAL FREIN AUX OBJECTIFS DE RECYCLAGE

Les Japonais vouent un véritable culte au plastique. Tout est sur-emballé. De la barre de chocolat aux carottes, en passant par les nouilles ou les produits de beauté, un produit, même bio, est souvent emballé sous plusieurs couches de plastique. C’est même devenu signe d’un produit de meilleure qualité. Résultat : les quantités de déchets plastiques sont vertigineuses : près de 10 millions de tonnes chaque année. Les emballages représentent plus de la moitié des déchets des ménages.

Le Japon recycle aujourd’hui 20% de ces déchets plastiques. Le reste est incinéré ou enfoui. (En comparaison, la France est à 26%. La moyenne européenne est de 30%).

Jusqu’à l’été 2018, le Japon pouvait compter sur l’aide de la Chine pour absorber ces quantités. Mais Pékin a décidé de ne plus acheter les déchets produits par les autres pays.

Ces derniers mois, les centres de traitements de déchets japonais se sont donc retrouvés sous tension. Certains ont déjà atteint leur limite. Les autorités envisagent d’autres solutions comme vendre ses déchets à la Thaïlande, équiper les usines d’incinération de systèmes de production d’électricité. (Aujourd’hui, seuls un tiers des centres en est équipé).

Le plus : Parallèlement au défi que représente le plastique, le Japon doit, aujourd’hui encore, traiter les quantités importantes de déchets résultant du tremblement de terre de 2011.

UNE LÉGISLATION DE PLUS EN PLUS STRICTE

Depuis 2000, le Japon s’est fixé de faire baisser ses déchets ménagers de 25% et ses déchets d’entreprises de 35% d’ici 2020. Une ambition basée sur trois principes : réduire, réutiliser, recycler.

Pour cela, une politique stricte est en place :
– Au niveau des ménages : chaque sac d’ordures collecté est payant. Et le tri sélectif est davantage poussé que dans certains pays comme la France par exemple. Au Japon, au lieu de 3 catégories de poubelles, certaines villes en comptent quarante-quatre. Un rouge à lèvre est jeté séparément de son étui. Une chaussette doit finir dans la poubelle “A incinérer“ s’il n’y en a qu’une, alors que la paire finira dans le bac “Vieux Vêtements“. Face à un système fastidieux, de nombreux habitants renoncent parfois à bien trier leurs poubelles. D’où l’imposition d’amendes de plus en plus dures par les autorités.

– Au bureau : la plupart des entreprises respectent les mêmes consignes de tri que les particuliers. Et depuis deux ans, certaines entreprises testent des machines spéciales pour recycler le papier sur place. Les employés placent leurs vieilles feuilles dans la machine qui transformera le papier pour produire de nouvelles pages toutes blanches.
Les entreprises qui adoptent des initiatives positives pour le recyclage et la réutilisation des matériaux reçoivent des subventions des autorités locales.

– Même si pour l’instant il n’existe pas de loi nationale sur le plastique et les objets à usage unique, certaines villes appliquent déjà une interdiction des sacs utilisés par les supermarchés.

Les autorités japonaises misent avant tout sur la sensibilisation des citoyens pour faire avancer les mentalités et changer les modes de consommation. Des campagnes et des initiatives telles que le bar éphémère dans une déchetterie mettent ainsi l’accent sur deux axes pour arriver à l’objectif de société Zéro déchets: Réduire les ordures à la source, réutiliser au lieu de jeter.

Au Japon, le défi du recyclage
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